dialoguer avec la nature

utopie ou réalité de demain ?

Respecter la nature est un concept dont on ne sait pas vraiment ce qu’il contient. C’est un peu comme si on voulait se tenir à distance de quelque chose que nous ne connaissons pas ou du moins très peu.

Or que l’on veuille ou non, nous sommes partie intégrante de cette Nature. Nos connaissances actuelles voudraient réduire cette nature et la vie qui l’anime à un ensemble fort complexe d’éléments matériels. Nous constatons les dommages qui résultent de ce point de vue. Utilisation de pesticides, d’insecticide, destruction de la biodiversité, etc.

Les concepts de lutte biologiques expérimentés et développés depuis plusieurs années montrent aussi leur limites par la quasi impossibilité de maintenir un équilibre biologique à long terme.

L’idée de base de favoriser et de maintenir la biodiversité en utilisant des activités à dimension humaine (dimension des parcelles par exemple) fait son chemin et semble être le préliminaire à une autre relation avec la nature.

Mais cette attitude de respect à laquelle nous conduisent ces difficultés, demande à être dépassée ou prolongée dans ses conséquences. En effet le concept de respect implique celui de personne : il ne peut s’établir de respect qu’entre deux personnes. Mais celles-ci resteront étrangères l’une à l’autre tant qu’un dialogue ne pourra s’établir entre elles. Personnifier la nature constituerait-il la première étape ? Serait-ce un retour à l’animisme ?

Les peuples premiers ont pleinement vécu une telle relation. Les expériences chamaniques en seraient une réminiscence. A notre époque moderne de nombreuses personnes témoignent que la vitalité de la nature peut être saisie en tant qu’énergies subtiles, elles-mêmes étant la face première d’entités ou de consciences qui organiseraient la matière pour lui donner les formes et les structures propres que nous observons. Le rôle de ces entités seraient d’une part de maintenir la pérennité des formes (espèces par exemple) mais aussi d’établir une harmonie entre les diverses manifestations de la vie. On est toujours étonné d’observer la continuité et l’interdépendance des espèces dans un milieu vierge de toute activité humaine (forêt primaire par ex.). Cette hypothèse ne semble pas une pure vue de l’esprit car elle est mise en œuvre par de nombreux expérimentateurs.

L’un d’eux, Michael Roads, (ancien éleveur en Tasmanie et pionnier de l’agriculture biologique en Australie) décrit son expérience détaillée des forces et énergies de la Nature dans deux ouvrages écrits dans les années 80. Il indique comment il vécut de l’intérieur ces forces de la nature tour à tour dans les minéraux, les végétaux, les animaux ou encore les éléments atmosphériques. On se souvient du jardin de Findorn. Les protagonistes sont arrivés à cultiver des légumes sur une terre à priori inculte (bord de mer) grâce à la relation établie entre l’un deux et les consciences (dévas) qui dirigeaient les dits légumes.

Ceci a été repris plus tard par M. S. Wright en Californie. De son expérience elle en a tiré toute une méthode qu’elle explicite dans ses ouvrages « Le jardin de Pérélandra ». D’après Wright toute intervention dans le domaine cultural doit se faire en lien direct avec ces consciences gouvernantes. Elle développe le concept de co-créativité. Ce qui exigerait donc une « conversation » entre le jardinier ou le cultivateur et ces entités. Elle va plus loin en étendant ce principe à toute activité humaine (jardin hors sol) qu’elle soit sociale ou technologique ou scientifique. Cette méthode aurait pour bénéfice que toute initiative humaine se fasse dans les meilleures conditions d’harmonie avec la nature. On peut alors espérer qu’un tel mode d’agissement éviterait d’engendrer des disfonctionnements dans la nature et peut-être diminuer à échéance les catastrophes dites naturelles. On connait également le cas de Don José Carmen au Mexique qui peut obtenir des légumes de grande taille à partir d’un dialogue « avec les plantes » et une pratique culturale en harmonie avec celles-ci.

Plus près de nous et parmi nous quelques individualités tentent de pratiquer ce dialogue, souvent avec succès, dans leur pratique culturale (Les Jardins d’Altaïr par exemple). On peut citer les rares informations en provenance d’Islande ou de Norvège faisant état de la part d’instances responsables, de la prise en compte des êtres élémentaires dans la modification de paysages ou la construction d’infrastructures. Ceci par l’intermédiaire de personnes ayant la capacité de cette relation Dans le domaine de la vie animale, de plus en plus de personnes, et parmi elles des vétérinaires, ont développé cette capacité de dialogue avec les animaux avec succès. M. Roads évoque également sa propre expérience avec des animaux domestiques et sauvages. Il avait par exemple la faculté de diriger son troupeau uniquement par la pensée et sans l’aide de ses chiens.

Si on est persuadé que la nature est une et que toute action réagit sur le tout, il devient impératif de trouver un mode d’intervention de l’homme dans la Nature conforme avec cette réalité.

Serait-ce une utopie de penser un jour que cette communication entre l’homme et ce qui est actif dans les différents règnes ne puisse se développer à grande échelle ? A l’avenir on ne parlerait plus de gouvernance du vivant mais d’une collaboration avec celui-ci. L’écologie demanderait un élargissement à une écologie co-créative. De ce fait toute la pédagogie du vivant serait alors à revoir. En conséquence, et si nous sommes persuadés que l’enjeu est crucial, notre recherche devrait se focaliser sur les conditions du développement des capacités de tout un chacun à établir ce dialogue avec les énergies actives dans la Nature.

Tout l’enjeu immédiat, consisterait donc bien à rechercher les conditions de cette collaboration. Tout processus d’intervention de l’homme dans la nature devrait dans l’idéal alors débuter par sa mise en relation avec les entités gardiennes des organismes mis en jeu. L’objectif étant d’opérer de façon que l’harmonie de la nature ne soit pas perturbée. Ces entités n’étant pas directement perçues par tout un chacun, la première difficulté sera de mettre au point la forme du dialogue à établir. Faut-il absolument développer une sensibilité telle qu’un dialogue puisse s’instaurer comme le montrent les auteurs cités, à l’instar d’un dialogue entre vis-à-vis. Wright ne semble pas poser cette exigence dans sa méthode. Il serait plutôt préconisé que l’intervenant formule des questions sur les modalités de son intervention, intérieurement ou à haute voix, directement à son interlocuteur simplement nommé ou interpellé et situé sur un plan différent du plan physique. De quelle façon la réponse en retour sera-t-elle perçue ? Pour des personnes douées de sens de perception intérieurs, cette réponse pourra prendre des formes variées plus ou moins immédiates : inspirations, visions, auditions…etc. Pour d’autres un dialogue sur le principe de réponses oui/non peut être réalisé avec une réponse perçue à l’aide de la kinésiologie ou du pendule. Pour ceux qui n’ont aucune de ces dispositions, la réponse peut demander du temps pour se manifester sous formes d’intuitions ou de synchronicités. On déduit de tout ceci que le dilemme principal devient donc l’apprentissage au dialogue avec la nature.

Jean-Paul GELIN

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